cueillette sauvage

cueillette sauvage

millepertuis en fleurs

Dans le métier que j’exerce, les deux axes que je préfère sont, vous devinerez ni la comptabilité ni l’inventaire annuel de tous mes produits, mais la consultation thérapeutique et la cueillette de plantes sauvages. Je jardine un peu aussi, mais cette activité ne me comble pas autant que les jours où, le soleil et le temps sec étant au rendez-vous, je prends mes paniers et mes sacs de cueillette pour partir à l’aventure à la recherche de mes principaux outils thérapeutiques.

Juillet est le mois le plus occupé pour les cueillettes

Les fleurs semblent s’être donné le mot pour étaler leurs couleurs et leurs parfums. Une semaine c’est le sureau qui réclame mon attention, la semaine suivante c’est le tilleul. Et à travers cela, il y a les fleurs quotidiennes, celles qui s’épanouissent une fleur après l’autre, un jour après l’autre : le millepertuis, la mauve, le trèfle, l’achillée… Bien sûr, toutes ces fleurs peuvent être cultivées, je les trouve d’ailleurs dans mon jardin, à moitié envahies par des plantes voisines et à moitié envahissant les plates-bandes voisines (vous le devinerez encore, je ne suis peut-être pas la jardinière la plus efficace et ordonnée des environs). Pourtant, en les cueillant dans leur milieux naturels, souvent des friches laissées à l’abandon (dont je connais l’historique de culture sans pesticide), je m’assure d’avoir accès à des plantes au meilleur de leur forme. En effet, si elles ont choisi de s’installer – et surtout de prospérer là – c’est qu’elles y ont trouvé les conditions idéales à leur plein épanouissement. Elles sont en compétition et en synergie avec d’autres plantes et exercent un rôle écologique précis, souvent en rapport avec le rôle qu’elles exercent dans le corps des gens à qui je vais les recommander. En ce sens, je considère que les plantes sauvages peuvent s’avérer plus efficace que les plantes cultivées dans bien des cas.

Dans mes cueillettes sauvages, je rencontre aussi des plantes difficile à se procurer autrement : l’armoise commune, le sapin baumier, le thé des bois, le myrique baumier, le thé du labrador, la savoyane, le peuplier baumier et bien d’autres pantes encore que je ne sais où trouver quand il m’arrive d’en manquer. Or, ces plantes occupent une place importante dans mon approche thérapeutique. Elles sont indigènes ou naturalisées et je privilégie le plus souvent possible le local à l’exotique. C’est un principe fort simple : à un problème local, on trouve une solution locale. Ainsi, on évite de participer au problème global de transport et de réchauffement planétaire et on sait que ni l’environnement, ni des êtres humains n’ont été exploités pour en soigner d’autres. Il en va à mon avis du rôle de l’herboriste de s’assurer que tel soit le cas. Bien des problèmes de santé sont causés par les déséquilibres environnementaux et sociaux actuels, ce serait aller contre la raison d’être d’un thérapeute d’y contribuer.

 

Anaïs de Valicourt, Herboriste thérapeute accréditée, B.Sc. en herboristerie médicale

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