Choisissez vos plantes-soleil pour l’hiver!

Choisissez vos plantes-soleil pour l’hiver!

Bien que nous ne soyons encore qu’au milieu de l’hiver, voilà plus de trois mois que nous subissons les trop courtes journées qui bordent le solstice de décembre. Pour bien des gens, moi compris, ces trois mois de très faible luminosité –particulièrement cette année, plus nuageuse m’a-t-il semblé, que la moyenne – affectent l’humeur de façon marquée. Pour passer au travers de cette période sombre, je fais appel à quelques plantes, celle que je surnomme mes « plantes soleil »; le millepertuis, la calendule, la mélisse, la grande aunée, la bourrache et la damiane. Je vous les présente ici de façon individuelle, mais je les utilise généralement en mélange pour obtenir le meilleur dosage et la combinaison la plus appropriée pour chaque personne.

Commençons par le millepertuis, cette merveilleuse alliée que je surnomme le « soleil en conserve ». Plusieurs études ont démontré son efficacité pour les dépressions de faibles à modérées, mais à mon avis, c’est dans les cas de déprimes saisonnières qu’il déploie le plus efficacement et le plus rapidement sa splendeur. On peut, si on le souhaite, expliquer son action en parlant d’hypericine, d’hyperforine, d’hyperfoliatine ou de terminaisons neuronales et d’inhibition de la recapture de la sérotonine ou d’autre neurotransmetteurs, mais l’image d’un concentré liquide de lumière et de soleil me semble bien plus compréhensible pour le commun des mortels. Ainsi, j’utilise le millepertuis spécifiquement quand je perçois trop de noirceur dans les idées de la personne qui vient me consulter. C’est donc spécifiquement pour le manque de lumière et d’espoir que je recommande cette plante. Le dosage du millepertuis peut être délicat, je vous recommande donc de demander conseil avant de l’utiliser.

Ma deuxième plante soleil, la calendule, est plus souvent utilisée pour nettoyer et réparer les plaies ou traiter le système lymphatique que pour nous aider à retrouver la joie. Pourtant, en conjonction avec d’autres plantes-soleil, ou même seule, elle aide à diminuer la lourdeur hivernale et fait la lumière dans notre vie. Au jardin, elle pousse en pleine lumière et s’ouvre et se ferme en fonction du soleil. Elle nous aide à trouver des solutions éclairées à nos problèmes du quotidien et à ainsi illuminer notre vie. Bien que la calendule soit contre-indiquée pendant la grossesse par voie interne, elle m’a beaucoup aidée à passer à travers les sautes d’humeurs associées à cette période. On peut profiter de ses bienfaits de diverses manières, incluant en jetant une poignée de pétales dans le bain avant de s’y prélasser.

Passons maintenant à la mélisse, ma plante favorite s’il en est une. Pour moi, la mélisse représente la joie de vivre, elle me rend heureuse, légère et enjouée. Il m’arrive de la prendre comme un « lubrifiant social » avant d’aller danser ou de sortir en groupe. D’autres personnes l’utilisent pour les aider à relaxer avant d’aller dormir. Cela peut sembler contradictoire, mais ça a un certain sens quand on comprend qu’elle aide à calmer le stress et l’anxiété, ce qui se manifeste chez moi par un sentiment de légèreté. Ainsi, elle calme à la fois le stress qui tient éveillé et l’anxiété sociale qui rend timide ou coincé. Petit bonus, en travaillant sur la joie de vivre, elle nous aide souvent à délaisser les habitudes mortifères comme de fumer ou de boire trop d’alcool. La force de la mélisse en saison hivernale est dans l’impression de légèreté qu’elle amène. Quand on trouve l’hiver trop long et trop lourd, quand les manteaux et les bottes qu’il faut mettre pour sortir nous semblent un fardeau, elle vient nous alléger la vie et nous fait voir à nouveau les beautés du scintillement de la neige ou des conifères endimanchés par leur lourd manteau blanc.

Une autre plante que j’apprécie particulièrement en hiver est la grande aunée. C’est sans doute une plante moins connue que les deux premières que j’ai décrites jusqu’ici, mais son action générale est tout à fait appropriée à la saison hivernale. La plupart des livres d’herboristerie parlent de la grande aunée comme d’une plante pectorale et antibactérienne particulièrement appropriée en cas d’infection du système respiratoire inférieur (bronches et poumons). D’un point de vue énergétique, on associe les poumons à la tristesse et c‘est l’un des principaux signes qui me porte à la choisir plutôt qu’une autre en saison hivernale. De plus, je considère que la grande aunée est une plante très réchauffante, mais sans excès. En effet, plutôt que d’attiser le feu intérieur comme le feraient la Cayenne ou le gingembre, elle le nourrit. Il arrive, plus en hiver qu’en été, que certaines personnes souffrent de carences ou de débalancements émotionnels qui se manifestent par un grand sentiment de froid intérieur, presque impossible à contrer. La grande aunée est une plante absolument magique dans de pareils cas. En plus, elle peut être utilisée là où le millepertuis est moins recommandé, par exemple pour les personnes à tendance bipolaires, pour lesquelles l’utilisation du millepertuis pourrait entraîner un épisode maniaque. Il est intéressant de noter aussi que chez les anciens, le millepertuis était déconseillé pour les types mélancoliques alors que la grande aunée est tout à fait appropriée dans pareils cas. J’utilise cependant la grande aunée avec parcimonie tant il s’agit d’une plante puissante : elle prend rarement plus de 10 à 15% de mon mélange total.

Les deux dernières plantes dont je vais parler ici ne sont pas tellement spécifiques à l’hiver, mais elles complètent bien les plantes précédentes et peuvent apporter des bénéfices fort bienvenus pendant la saison froide. La bourrache, par exemple, est une plante qui supporte bien le froid et qui ne nécessite pas tant de soleil; c’est une plante énergétiquement froide, au goût salé. Peut-être que, parce qu’elle supporte bien le froid et le manque de soleil, elle nous aide à en faire autant… Les anciens disaient d’elle que c’est une plante pour le cœur qui aide à trouver le courage dont nous avons besoin. À l’époque où on associait la bourrache au cœur, celui-ci n’était pas encore considéré comme la pompe qui fait circuler le sang, mais plutôt comme le siège du courage. Ainsi, la bourrache n’agit pas sur le cœur-organe, mais plutôt sur le concept de cœur tel qu’illustré dans des expressions comme « mettre du cœur à l’ouvrage » et « avoir du cœur au ventre ». De nos jours, on dit plutôt que la bourrache agit sur les glandes surrénales en augmentant notre résistance au stress. Peu importe l’explication théorique qu’on apporte au mode de fonctionnement de la bourrache, celle-ci peut nous aider à surmonter notre découragement et à nous remettre en action en plein cœur de l’hiver, quand l’écosystème lui-même n’a plus d’énergie à nous apporter.

Finalement la damiane, une plante tropicale et subtropicale originaire du Mexique et à la réputation aphrodisiaque, peut nous aider à passer à travers le plus froid de l’hiver un peu comme un voyage dans le sud le ferait… Par contre, quand nos symptômes sont dus à un manque de lumière, il faut l’associer à une des premières plantes dont j’ai parlé ici.

Toutes ces plantes, le millepertuis, la calendule, la mélisse, la grande aunée, la bourrache et la damiane, font parties des plantes que je recommande régulièrement aux clients qui viennent me voir en consultation pour des problèmes de santé très variés. Vous pouvez donc vous les procurer auprès de moi et s’il ne vous est pas possible de vous déplacer à St-Jean-de-Matha, je peux vous les poster au besoin. Si vous souhaitez me consulter, je suis disponible principalement les lundis, mardis, jeudis et vendredis en personne ou par Skype si vous n’êtes pas de la région.

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