La perception directe de la nature

La perception directe de la nature

Anaïs de Valicourt a étudié l’herboristerie en Écosse, à la Scottish School of Herbal Medicine de 2005 à 2009. En 2011, elle a suivi un apprentissage sur la guérison grâce à l’esprit des plantes avec Pam Montgomery, auteure de Plant Spirit Healing, au Vermont. Elle pratique l’herboristerie à St-Jean-de-Matha et développe petit à petit des relations intimes avec diverses plantes de son entourage.

La perception directe de la nature

par Anaïs de Valicourt, HTA

Il existe des traditions dont l’origine peut être retracée à un point précis, comme la dinde de l’Action de Grâces, d’autres dont l’origine prend sa source dans la légende et le patrimoine oral, comme les feux de la St-Jean… Il existe aussi des traditions dont l’origine est si ancienne qu’elles semblent prendre leurs sources avant même l’apparition de l’humain tel qu’on le connait aujourd’hui. La perception directe de la nature comme moyen de compréhension et d’acquisition de connaissances est de ces dernières. Aujourd’hui, la plupart d’entre nous qui souhaitons en savoir davantage sur le bouleau par exemple, irons chercher dans les livres (souvent imprimés en partie sur du bouleau, mais là s’arrête le contact réel avec la plante) pour y découvrir ses propriétés médicinales, son usage commercial ou son rôle écosystémique. Il existe néanmoins une autre approche qui est d’aller s’asseoir (ou se coucher ou…) près d’un bouleau et d’entrer en communication directe avec lui. Il s’agit d’une approche sacrée et la vaste majorité des connaissances sur la nature que nous possédons aujourd’hui, y compris celles validées par la science, semble provenir d’un tel mécanisme.

Approche indigène

Bien que les scientifiques privilégient la théorie selon laquelle nous aurions développé notre pharmacopée et notre garde-manger végétal par essais-erreurs, ce n’est pas ce que la plupart des peuples indigènes encore existant tentent d’expliquer aux anthropologues qui souhaitent les comprendre. En effet ces derniers sont souvent confrontés à une explication bien plus simple : si le guérisseur d’une tribu utilise telle ou telle plante pour tel ou tel problème, c’est que la plante lui a signifié son aptitude à aider son malade. Souvent, la plante fournit même la méthode selon laquelle elle doit être préparée. Ces informations sont souvent transmises par les rêves ou lors de quête de vision. Bien qu’un apprentissage direct entre un guérisseur et un élève soit généralement requis pour devenir guérisseur, cet apprentissage vise à développer les liens entre l’élève et les plantes et l’élève doit développer ses propres liens avec les plantes pour les utiliser à sa façon avec les malades. On raconte même qu’un ethnobotaniste aurait provoqué l’hilarité d’une tribu en assumant que c’était la plante qui guérissait les malades plutôt que la relation entre le guérisseur, la plante et le malade (S. Buhner, divers ouvrages).

Approche personnelle en herboristerie

Je dois avouer que cette approche me séduit plus qu’une autre et que depuis la fin de mes études théoriques, j’ai passé bien du temps à développer des relations profondes avec diverses plantes. Je n’ai pas encore, loin s’en faut, fait le tour des plantes que j’utilise dans ma pratique, mais ma compréhension des plantes auxquelles j’ai offert mon amitié a fait un bon cosmique. Je dois cependant avouer qu’avec les plantes, comme avec les gens, certaines relations sont plus profondes que d’autres. Je pense particulièrement à la Grande Aunée qui a transformé ma vie, à la Molène, que j’ai comprise dans le mouvement même de mon corps, à l’Armoise Commune, sans laquelle je me sens prise au dépourvu. Dans d’autres cas, la connexion a été d’un autre niveau… avec l’Aubépine, toute tentative de méditation s’est soldée par un sommeil inconscient… ce qui m’a amené à modifier l’utilisation que j’en fais puisque je négligeais auparavant son côté calmant!

Dans la plupart des cas, l’information que je reçois en contact direct avec les plantes est très difficile, voire impossible, à mettre en mots de façon satisfaisante ;  je doute que si j’essayais de vous expliquer mon expérience avec une plante, la façon dont vous la comprenez et l’utilisez changerait de façon substantielle. En ce sens, il me semble que ces expériences de contact direct avec les plantes doivent être vécues de l’intérieur pour être comprises en profondeur et pour réussir à les intégrer à notre pratique d’herboriste. Je vous encourage donc fortement à développer vos propres relations profondes avec des plantes afin d’en faire vos alliées particulières.

Pour lire la suite par Daniel Lachance sur l’application de ces perceptions à la permaculture, suivez ce lien vers la page du Chêne au pieds bleus…

 

Daniel Lachance pratique la méditation depuis une vingtaine d’année. Il propose ici une approche innovante et inspirante combinant science et méditation. L’auteur, double bachelier en aménagement du territoire forestier et en arts visuels et détenteur d’un certificat de designer en permaculture, s’est intéressé aux énergies du territoire dans le cadre de deux expériences de création: l’une à l’Ile d’Orléans pour un projet d’exposition intitulé Pèlerinage d’un chien aveugle nommé Socrate et l’autre, à la Maison des Esclaves, au Sénégal, en Afrique pour un projet nommé Sacrifice.

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