Browsed by
Auteur : Anais l'Herboriste

Myrique baumier

Myrique baumier

Connaissez-vous le myrique baumier? Cette plante des rivages (au Québec, parce qu’en Écosse, elle poussait dans les tourbières) éloigne les insectes piqueurs de tous genres, incluant les tiques porteuses de la maladie de Lyme. C’est un des ingrédients principaux de mon répulsif à moustique. Un grand vendeur cette année avec le printemps pluvieux qu’on a connu. J’en refais une série cette semaine puisque j’en ai récolté la semaine dernière…

   

 

Aubépine

Aubépine

S’il pouvait arrêter de pleuvoir, ce serait le temps de cueillir les fleurs d’aubépine. Je les utilise en tisane et en teintures pour maintenir ou améliorer la fonction cardiaque, calmer l’anxiété et les palpitations et pour améliorer la circulation sanguine. Elles sont un ingrédient clé de ma tisane nommée « le cœur qui dort »…

La cueillette des fleurs d’aubépine nécessite toujours un certain dévouement à cause de leur longues épines pointues, mais je m’assure de porter mes lunettes et des chaussures à semelle épaisse. Je n’ai pas encore trouvé un moyen de me protéger les bras, une simple chemise à manches longues ne suffisant pas à m’éviter les égratignures et un manteau de cuir étant un peu trop chaud pour la saison…

La fleur d’aubépine, son épine, et la main qui la cueille…
L’épine de l’aubépine, dont il faut absolument se protéger en la cueillant!
Fleurs d’aubépine à différents stages de maturité
Aubépine: fleur, feuille et épine
L’ortie

L’ortie

Avez-vous des problèmes avec les allergies en ce moment?

Cette extraordinaire plante est un ingrédient clé pour vous aider à les combattre. Fraiche, elle s’attaque directement à la cause du problème de par son action antihistaminique tout en aidant à renforcer l’organisme. Ce n’est pas elle qui vous causera des problèmes de somnolence! Et je n’aborde pas ici ses effets anti-inflamatoire.
Elle occupe une place de choix dans mon mélange qui soigne toutes les allergies respiratoires.
N’hésitez pas à me contacter si vous avez besoin d’aide pour soigner vos allergies!

Choisissez vos plantes-soleil pour l’hiver!

Choisissez vos plantes-soleil pour l’hiver!

Bien que nous ne soyons encore qu’au milieu de l’hiver, voilà plus de trois mois que nous subissons les trop courtes journées qui bordent le solstice de décembre. Pour bien des gens, moi compris, ces trois mois de très faible luminosité –particulièrement cette année, plus nuageuse m’a-t-il semblé, que la moyenne – affectent l’humeur de façon marquée. Pour passer au travers de cette période sombre, je fais appel à quelques plantes, celle que je surnomme mes « plantes soleil »; le millepertuis, la calendule, la mélisse, la grande aunée, la bourrache et la damiane. Je vous les présente ici de façon individuelle, mais je les utilise généralement en mélange pour obtenir le meilleur dosage et la combinaison la plus appropriée pour chaque personne.

Commençons par le millepertuis, cette merveilleuse alliée que je surnomme le « soleil en conserve ». Plusieurs études ont démontré son efficacité pour les dépressions de faibles à modérées, mais à mon avis, c’est dans les cas de déprimes saisonnières qu’il déploie le plus efficacement et le plus rapidement sa splendeur. On peut, si on le souhaite, expliquer son action en parlant d’hypericine, d’hyperforine, d’hyperfoliatine ou de terminaisons neuronales et d’inhibition de la recapture de la sérotonine ou d’autre neurotransmetteurs, mais l’image d’un concentré liquide de lumière et de soleil me semble bien plus compréhensible pour le commun des mortels. Ainsi, j’utilise le millepertuis spécifiquement quand je perçois trop de noirceur dans les idées de la personne qui vient me consulter. C’est donc spécifiquement pour le manque de lumière et d’espoir que je recommande cette plante. Le dosage du millepertuis peut être délicat, je vous recommande donc de demander conseil avant de l’utiliser.

Ma deuxième plante soleil, la calendule, est plus souvent utilisée pour nettoyer et réparer les plaies ou traiter le système lymphatique que pour nous aider à retrouver la joie. Pourtant, en conjonction avec d’autres plantes-soleil, ou même seule, elle aide à diminuer la lourdeur hivernale et fait la lumière dans notre vie. Au jardin, elle pousse en pleine lumière et s’ouvre et se ferme en fonction du soleil. Elle nous aide à trouver des solutions éclairées à nos problèmes du quotidien et à ainsi illuminer notre vie. Bien que la calendule soit contre-indiquée pendant la grossesse par voie interne, elle m’a beaucoup aidée à passer à travers les sautes d’humeurs associées à cette période. On peut profiter de ses bienfaits de diverses manières, incluant en jetant une poignée de pétales dans le bain avant de s’y prélasser.

Passons maintenant à la mélisse, ma plante favorite s’il en est une. Pour moi, la mélisse représente la joie de vivre, elle me rend heureuse, légère et enjouée. Il m’arrive de la prendre comme un « lubrifiant social » avant d’aller danser ou de sortir en groupe. D’autres personnes l’utilisent pour les aider à relaxer avant d’aller dormir. Cela peut sembler contradictoire, mais ça a un certain sens quand on comprend qu’elle aide à calmer le stress et l’anxiété, ce qui se manifeste chez moi par un sentiment de légèreté. Ainsi, elle calme à la fois le stress qui tient éveillé et l’anxiété sociale qui rend timide ou coincé. Petit bonus, en travaillant sur la joie de vivre, elle nous aide souvent à délaisser les habitudes mortifères comme de fumer ou de boire trop d’alcool. La force de la mélisse en saison hivernale est dans l’impression de légèreté qu’elle amène. Quand on trouve l’hiver trop long et trop lourd, quand les manteaux et les bottes qu’il faut mettre pour sortir nous semblent un fardeau, elle vient nous alléger la vie et nous fait voir à nouveau les beautés du scintillement de la neige ou des conifères endimanchés par leur lourd manteau blanc.

Une autre plante que j’apprécie particulièrement en hiver est la grande aunée. C’est sans doute une plante moins connue que les deux premières que j’ai décrites jusqu’ici, mais son action générale est tout à fait appropriée à la saison hivernale. La plupart des livres d’herboristerie parlent de la grande aunée comme d’une plante pectorale et antibactérienne particulièrement appropriée en cas d’infection du système respiratoire inférieur (bronches et poumons). D’un point de vue énergétique, on associe les poumons à la tristesse et c‘est l’un des principaux signes qui me porte à la choisir plutôt qu’une autre en saison hivernale. De plus, je considère que la grande aunée est une plante très réchauffante, mais sans excès. En effet, plutôt que d’attiser le feu intérieur comme le feraient la Cayenne ou le gingembre, elle le nourrit. Il arrive, plus en hiver qu’en été, que certaines personnes souffrent de carences ou de débalancements émotionnels qui se manifestent par un grand sentiment de froid intérieur, presque impossible à contrer. La grande aunée est une plante absolument magique dans de pareils cas. En plus, elle peut être utilisée là où le millepertuis est moins recommandé, par exemple pour les personnes à tendance bipolaires, pour lesquelles l’utilisation du millepertuis pourrait entraîner un épisode maniaque. Il est intéressant de noter aussi que chez les anciens, le millepertuis était déconseillé pour les types mélancoliques alors que la grande aunée est tout à fait appropriée dans pareils cas. J’utilise cependant la grande aunée avec parcimonie tant il s’agit d’une plante puissante : elle prend rarement plus de 10 à 15% de mon mélange total.

Les deux dernières plantes dont je vais parler ici ne sont pas tellement spécifiques à l’hiver, mais elles complètent bien les plantes précédentes et peuvent apporter des bénéfices fort bienvenus pendant la saison froide. La bourrache, par exemple, est une plante qui supporte bien le froid et qui ne nécessite pas tant de soleil; c’est une plante énergétiquement froide, au goût salé. Peut-être que, parce qu’elle supporte bien le froid et le manque de soleil, elle nous aide à en faire autant… Les anciens disaient d’elle que c’est une plante pour le cœur qui aide à trouver le courage dont nous avons besoin. À l’époque où on associait la bourrache au cœur, celui-ci n’était pas encore considéré comme la pompe qui fait circuler le sang, mais plutôt comme le siège du courage. Ainsi, la bourrache n’agit pas sur le cœur-organe, mais plutôt sur le concept de cœur tel qu’illustré dans des expressions comme « mettre du cœur à l’ouvrage » et « avoir du cœur au ventre ». De nos jours, on dit plutôt que la bourrache agit sur les glandes surrénales en augmentant notre résistance au stress. Peu importe l’explication théorique qu’on apporte au mode de fonctionnement de la bourrache, celle-ci peut nous aider à surmonter notre découragement et à nous remettre en action en plein cœur de l’hiver, quand l’écosystème lui-même n’a plus d’énergie à nous apporter.

Finalement la damiane, une plante tropicale et subtropicale originaire du Mexique et à la réputation aphrodisiaque, peut nous aider à passer à travers le plus froid de l’hiver un peu comme un voyage dans le sud le ferait… Par contre, quand nos symptômes sont dus à un manque de lumière, il faut l’associer à une des premières plantes dont j’ai parlé ici.

Toutes ces plantes, le millepertuis, la calendule, la mélisse, la grande aunée, la bourrache et la damiane, font parties des plantes que je recommande régulièrement aux clients qui viennent me voir en consultation pour des problèmes de santé très variés. Vous pouvez donc vous les procurer auprès de moi et s’il ne vous est pas possible de vous déplacer à St-Jean-de-Matha, je peux vous les poster au besoin. Si vous souhaitez me consulter, je suis disponible principalement les lundis, mardis, jeudis et vendredis en personne ou par Skype si vous n’êtes pas de la région.

L’influence du stress sur le processus digestif

L’influence du stress sur le processus digestif

consultation herboristerieVoici un article que j’ai publié dans le dernier numéro du journal de la Guilde des herboristes qui portait sur l’intestin. Je vous en recommande une lecture attentive si vous souffrez d’un trouble digestif quel qu’il soit.

Bien que les nouvelles études portant sur l’influence de l’état de notre intestin, particulièrement sa flore, sur l’état de notre cerveau et notre santé en général soient fascinantes, il ne faut pas pour autant oublier l’importance de notre état nerveux sur notre digestion. En effet, le retour à la santé digestive et mentale passe souvent par le ré-établissement d’un cercle vertueux qui va tout autant de notre intestin à notre cerveau que de notre système nerveux à notre système digestif; notre mode de vie et plusieurs plantes peuvent aider à rétablir la santé dans cette deuxième partie du cercle.

Commençons par un retour sur l’anatomie de notre système nerveux. On le divise généralement en deux branches : somatique et autonome. La première branche concerne les activités volontaires et conscientes comme le mouvement et la perception; la deuxième branche s’occupe de ce qui se passe dans notre corps sans que l’on n’en ait nécessairement conscience : la respiration, la circulation sanguine, etc. Cette deuxième branche est elle-même divisée en deux sections : le système nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique. La première division concerne les processus vitaux qui s’activent en périoshema-systeme-nerveuxde de stress, dans la réaction qu’on surnomme souvent « fight or flight » (quoique de nouvelles données semblent démontrer que cette perception est moins applicable au modèle féminin que masculin, plus étudié jusqu’à maintenant), soit fuir ou combattre. Le système nerveux sympathique active donc une réponse organique qui facilite le combat ou la fuite en dilatant les bronches, élevant la pression artérielle et, ce qui nous intéresse particulièrement, en augmentant l’afflux sanguin dans les muscles striés comme ceux des bras et des jambes; donc en diminuant l’afflux sanguin au niveau des muscles lisses, soit principalement les muscles présidant à la digestion. Le système nerveux parasympathique, quant à lui, domine en période de calme; il diminue les rythmes cardiaque et respiratoire, augmente le péristaltisme et les sécrétions digestives, relâche les sphincters, donc aide la digestion et la récupération globale de l’organisme.

En plus d’exercer un rôle direct sur le système digestif et l’intestin avec des plantes amères et carminatives, l’herboriste peut donc avoir un impact sur l’état de la personne qui se présente avec des troubles comme l’intestin irritable, une problématique très lié au stress, en aidant cette personne à augmenter l’influence du système parasympathique lors de la prise des repas et dans les heures qui suivent. Plusieurs plantes aident en effet le système nerveux à passer du mode sympathique au mode parasympathique. Avant de découvrir ces alliées vertes, rappelons quelques notions importantes, bien connues, mais souvent négligées, qui sont nécessaires à une digestion saine. D’abord, il convient de marquer une séparation claire entre le temps des repas et le travail : quitter son poste de travail et prendre une vraie pause pour se nourrir est très important pour notre santé digestive, surtout si notre travail est stressant ou demandant physiquement. Quelques respirations profondes ou une session de cinq minutes pour atteindre la cohérence cardiaque peuvent aussi aider significativement à régler des troubles digestifs, parfois même assez sévères. Il va de soi que de prendre ses repas en lisant ou en regardant la télévision (surtout les nouvelles ou un suspense) n’aura pas le même effet que si on mange calmement en pleine conscience ou tout simplement avec des gens qu’on aime (surtout pour les femmes, qui semblent, plus que les hommes, avoir besoin du support de leurs proches pour retrouver leur calme).

chamomile3Venons-en maintenant aux plantes. Si vous avez quelques notions de base d’herboristerie, vous aurez sans doute remarqué que plusieurs plantes calmantes ont aussi un effet positif sur la digestion. La camomille, par exemple, aide à dormir, mais elle a aussi une influence globalement positive sur la digestion de par son goût légèrement amer et son action carminative. Attention par contre au reflux gastrique : un des effets intéressant de la camomille est d’aider la relaxation des sphincters digestifs (on s’en rappellera, une fonction contrôlée par le système parasympathique), ce qui aide à diminuer la constipation et la sensation de lourdeur après un repas, mais peut empirer certains cas de reflux. La mélisse, certainement l’une de mes plantes favorites à cause de son effet à la fois relaxant et euphorisant, diminue les nausées, mais aussi les coliques et les ballonnements. Il est probable que son action aromatique ait un effet direct sur les contractions péristaltiques, mais son effet calmant aide aussi le système parasympathique à dominer les processus nerveux autonomes. La scutellaire, scutellaire5une autre de mes grandes alliées, n’est pas particulièrement utilisée pour son action digestive,  mais son action directe sur le système nerveux autonome est bien reconnue puisqu’elle aide l’organisme à passer du mode sympathique au mode parasympathique. Je prétends souvent qu’elle aide le hamster qui tourne et qui tourne dans la tête à prendre une pause et à passer en mode contemplatif. Elle est donc particulièrement efficace pour les gens au tempérament nerveux et anxieux qui se présentent avec des troubles digestifs ou des crampes abdominales inexpliquées. La bétoine, une plante souvent recommandée pour le mal de tête, est ma favorite pour les boules au niveau du plexus solaire qui coupent l’appétit. C’est probablement l’une des meilleures plantes pour rétablir  l’équilibre entre le cerveau cérébral et le cerveau digestif, pour faire le lien entre l’instinct ventral (gut feeling) et la conscience cérébral. C’est donc une plante particulièrement intéressante pour les personnes de type vata, très minces, très créatives, qui semblent dépenser toute leur énergie dans leur cerveau hyperactif et dont la digestion s’en ressent.

Vous l’aurez constaté ici, les plantes médicinales du système nerveux peuvent avoir une action directe sur le système digestif, particulièrement pour les problématiques liées au stress comme l’intestin irritable. Elles ne suffisent néanmoins pas toujours à rétablir l’équilibre si les facteurs activant le système nerveux sympathique ne sont pas éliminés lors de la prise des repas. Ces interdépendances illustrent l’importance d’avoir une bonne compréhension de la physiologie humaine pour réussir à traiter quelqu’un de façon globale.

Si vous avez besoin d’accompagnement pour mettre en place certains des changements recommandés ici (ou pour tout autre problème de santé), n’hésitez pas à m’appeler pour prendre rendez-vous au 450-365-5232.

Si vous souhaitez lire d’autres articles sur les plantes médicinales et l’intestin, n’hésitez pas à vous procurer le dernier numéro du journal de la guilde des herboriste!

 

 

 

 

de l’importance de la relation thérapeutique

de l’importance de la relation thérapeutique

consultation herboristerieLa fraîcheur des nuits nous rappelle que l’automne arrive. Énergétiquement, cette saison est associée aux récoltes et, par extension, au mouvement vers l’intérieur. C’est le moment d’engranger, mais aussi de regarder à l’intérieur de soi, de faire le point avant la venue de l’hiver et du repos qu’il est sensé entraîner. C’est un moment idéal, en somme, pour faire un bilan de santé.

De toutes les facettes de mon travail, c’est sans contredit celle que je préfère. Pour moi, un bilan de santé ou une consultation, c’est un merveilleux moment d’écoute. C’est prendre le temps – vraiment le temps, je me réserve toujours au moins deux heures pour un premier rendez-vous –de faire le tour du problème mais aussi le tour de votre vie; c’est prendre le temps pour permettre aux solutions d’émerger, un peu grâce à vous, un peu grâce à moi; c’est prendre le temps de laisser aux plantes l’espace pour se manifester; c’est prendre le temps, surtout, de développer une intimité qui permet de se confier et, se faisant, qui en révèle beaucoup sur les facteurs en cause dans la maladie ou le trouble de santé, donc sur les plantes qu’il convient de choisir.

J’ai choisi de ne pas faire de conseil boutique parce qu’en quelques minutes, on n’atteint pas la profondeur d’interaction nécessaire pour percevoir le cœur du problème; parce que j’ai constaté encore et encore que la plante qui fait basculer la santé d’une personne n’est pas toujours la plus souvent recommandée pour le trouble de santé principal de cette personne. On me demande parfois si j’ai un mélange contre la ménopause ou pour la fertilité. De prime abord, non… non, je n’ai rien contre la ménopause ou pour la fertilité. Mais j’ai probablement quelque chose pour soulager vos symptômes de femme ménopausée ou pour vous aider à atteindre l’équilibre pour tomber enceinte.

Lors d’une consultation, outre les questions de base sur votre problème de santé principal (où, quand, comment, depuis combien de temps), j’essaie de trouver le pourquoi en abordant des questions comme : que mangez-vous, que buvez-vous? Comment et quand? Bougez-vous? Comment dormez-vous? Quel tempérament avez-vous? Avez-vous plus chaud ou plus froid dans la vie? Aimez-vous ce que vous faites?

Pour moi, les plantes n’ont pas seulement des propriétés médicinales valerian1claires et reconnues scientifiquement : anti-inflammatoire, antibactérien, relaxant, sédatif, digestif, stimulant… Ce sont ces propriétés qui nous font utiliser le curcuma contre l’arthrite ou la valériane contre l’insomnie. Mais ces propriétés seules ne donnent souvent pas de résultats durables ou nécessitent leur utilisation constante, souvent en dose croissante. Pour moi, les plantes ont aussi des propriétés plus subtiles, parfois largement ressenties comme la rose pour l’amour de soi, parfois plus personnelle, comme la mélisse pour tranquillement se mettre à faire ce qui est bon pour nous. Ces propriétés plus subtiles, parfois presque impossibles à mettre en mot, mais profondément ressenties à l’intérieur de soi, sont souvent celles-là même qui transforment un traitement relativement efficace en un traitement curatif dont la dose, plutôt que d’augmenter, peut être diminuée petit à petit. La plante charnière, celle qui fait basculer la santé du bon côté, n’est pas toujours identifiée du premier coup, il peut aussi y avoir plus d’une plante, mais quand on met finalement le doigt sur la ou les plantes qui conviennent le mieux, c’est parfois votre vie entière qui se trouve transformée. En ce sens, travailler avec une herboriste, c’est accepter que des changements profonds se produisent dans votre vie. La plupart du temps, c’est vous qui les choisirez les yeux grands ouverts, mais parfois, dans quelques cas un peu empreints de magie, ce sera la plante qui guidera vos pas aveugles sur le chemin de la santé.rose2

une série de six cours en herboristerie pour reprendre votre santé en main

une série de six cours en herboristerie pour reprendre votre santé en main

affiche_anais_final_24x33 Cours 1 : Les fondements de l’herboristerie (prérequis aux autres cours)

Qu’est-ce que l’herboristerie? Quelle est la meilleure façon d’extraire les principes actifs des plantes? Qu’est-ce qu’une tisane, une décoction, une macération, une teinture, un glycéré, un vinaigré, un oxymel? Comment faire un sirop médicinal, un onguent, une crème? Combien de temps peut-on garder ces diverses préparations? Comment faire sécher les plantes? Quelles parties utiliser et quand les cueillir?

Cours 2 : Notre système digestif : son fonctionnement, les plantes qui le soutiennent

Notre système digestif est la porte d’entrée dans notre corps de tout ce qui sert à le bâtir. Un système digestif sain aidera donc notre corps dans tous les aspects de sa santé. Découvrez quelles plantes peuvent affecter notre digestion et comment elles agissent; vous saurez ainsi comment choisir celles qui conviennent le mieux à votre digestion.

Cours 3 : Notre système respiratoire et notre immunité : comment prévenir et soigner les infections respiratoires à l’aide des plantes

Plusieurs infections affectent notre système respiratoire. Venez découvrir comment prévenir rhumes, grippes, sinusites et bronchites et comment les soigner si vous vous y prenez trop tard.

Cours 4: Notre système nerveux : les plantes qui calment le stress et aident à dormir

Quand l’anxiété et le manque de sommeil affectent notre vie, c’est toute notre santé qui en est affectée. Découvrez comment les plantes peuvent vous aider à contrôler ces problèmes.

Cours 5 : Notre peau, nos articulations et notre système musculaire : comment prévenir et soigner l’inflammation des tissus connectifs avec les plantes

Que ce soit pour la démangeaison temporaire causée par une piqûre d’insecte ou celle plus persistante de l’eczéma, les plantes peuvent vous aider. Similairement, elles savent calmer la douleur d’une entorse tout comme celle d’un début d’arthrite, tout en prévenant la progression de cette maladie.

Cours 6. Les hormones… Comment elles influencent nos vies et quelles plantes aident à les équilibrer

L’influence des hormones dans notre corps est partout. Elles contrôlent notre thyroïde, notre taux de sucre, notre système reproducteur autant que notre réaction face au stress. Elles s’influencent les unes les autres et bien sûr, les plantes viennent les influencer!

Pour me faire venir pour donner la série de cours dans votre région, contactez-moi: anaislherboriste@gmail.com

cueillette sauvage

cueillette sauvage

millepertuis en fleurs

Dans le métier que j’exerce, les deux axes que je préfère sont, vous devinerez ni la comptabilité ni l’inventaire annuel de tous mes produits, mais la consultation thérapeutique et la cueillette de plantes sauvages. Je jardine un peu aussi, mais cette activité ne me comble pas autant que les jours où, le soleil et le temps sec étant au rendez-vous, je prends mes paniers et mes sacs de cueillette pour partir à l’aventure à la recherche de mes principaux outils thérapeutiques.

Juillet est le mois le plus occupé pour les cueillettes

Les fleurs semblent s’être donné le mot pour étaler leurs couleurs et leurs parfums. Une semaine c’est le sureau qui réclame mon attention, la semaine suivante c’est le tilleul. Et à travers cela, il y a les fleurs quotidiennes, celles qui s’épanouissent une fleur après l’autre, un jour après l’autre : le millepertuis, la mauve, le trèfle, l’achillée… Bien sûr, toutes ces fleurs peuvent être cultivées, je les trouve d’ailleurs dans mon jardin, à moitié envahies par des plantes voisines et à moitié envahissant les plates-bandes voisines (vous le devinerez encore, je ne suis peut-être pas la jardinière la plus efficace et ordonnée des environs). Pourtant, en les cueillant dans leur milieux naturels, souvent des friches laissées à l’abandon (dont je connais l’historique de culture sans pesticide), je m’assure d’avoir accès à des plantes au meilleur de leur forme. En effet, si elles ont choisi de s’installer – et surtout de prospérer là – c’est qu’elles y ont trouvé les conditions idéales à leur plein épanouissement. Elles sont en compétition et en synergie avec d’autres plantes et exercent un rôle écologique précis, souvent en rapport avec le rôle qu’elles exercent dans le corps des gens à qui je vais les recommander. En ce sens, je considère que les plantes sauvages peuvent s’avérer plus efficace que les plantes cultivées dans bien des cas.

Dans mes cueillettes sauvages, je rencontre aussi des plantes difficile à se procurer autrement : l’armoise commune, le sapin baumier, le thé des bois, le myrique baumier, le thé du labrador, la savoyane, le peuplier baumier et bien d’autres pantes encore que je ne sais où trouver quand il m’arrive d’en manquer. Or, ces plantes occupent une place importante dans mon approche thérapeutique. Elles sont indigènes ou naturalisées et je privilégie le plus souvent possible le local à l’exotique. C’est un principe fort simple : à un problème local, on trouve une solution locale. Ainsi, on évite de participer au problème global de transport et de réchauffement planétaire et on sait que ni l’environnement, ni des êtres humains n’ont été exploités pour en soigner d’autres. Il en va à mon avis du rôle de l’herboriste de s’assurer que tel soit le cas. Bien des problèmes de santé sont causés par les déséquilibres environnementaux et sociaux actuels, ce serait aller contre la raison d’être d’un thérapeute d’y contribuer.

 

Anaïs de Valicourt, Herboriste thérapeute accréditée, B.Sc. en herboristerie médicale

parcours d’herboriste

parcours d’herboriste

Il m’arrive souvent de m’émerveiller sur tous les virages que ma vie a pris pour me permettre de devenir herboriste. Dans mes tous premiers souvenirs d’enfance, il y a des pique-niques improvisés à l’oseille et à la ciboulette, deux plantes abondantes dans notre jardin. Sur une note plus sombre, il y a un épisode d’empoisonnement que j’ai aussitôt associé à une plante que j’avais goûtée, attirée par ses belles fleurs bleues. Je l’avais vomie tout juste après l’avoir ingérée et n’en avais parlé à personne, consciente que j’avais fait une grosse bêtise. Ce n’est que près de trente ans plus tard que j’ai appris à quoi j’avais échappé : la belle plante aux fleurs bleues était de l’aconite, l’une des plantes les plus toxiques du Québec. On peut s’empoisonner simplement en y touchant. Comment j’ai bien pu survivre à cette première expérimentation, je l’ignore, mais si j’ai retenu de ne pas essayer de manger tout ce qui poussait autour de moi, je n’en ai pas moins gardé une curiosité insatiable en ce qui avait trait aux plantes. Je voulais tout savoir d’elles, si on pouvait les manger, comment elles s’appelaient, comment elles poussaient. Je me souviens d’avoir cherché longtemps le nom de l’épilobe et de l’épervière, de si belles fleurs devant bien avoir un nom elles aussi. Comment les adultes pouvaient-ils les ignorer?

J’ai continué à grandir, je me suis éloignée de ma forêt bien-aimée et quand est venu pour moi le temps de choisir mes études, j’avais complètement oublié ces balades avec ma mère et le guide Fleurbec pour aller rencontrer les plantes. J’adorais apprendre et tout sujet m’était facile. À un professeur qui me demandait pourquoi je n’irais pas en médecine, j’ai répondu que je n’aimais pas l’odeur des hôpitaux… Étrange raison qui aurait pu me donner un indice sur le chemin à suivre si je m’étais souvenue à ce moment là de l’odeur des plantes fraîches, tellement plus riche et suave que celle des désinfectants! C’est presque par accident que j’ai choisi mon premier sujet d’étude. Mes yeux s’étaient accrochés sur les mots « les déterminants écologiques de la santé » dans l’école de l’environnement de Mc Gill. Je parlais très mal anglais, mais j’ai appliqué quand même, à tout hasard. Puis en attendant les réponses à mes nombreuses applications, j’ai réalisé que c’était le seul sujet susceptible de m’intéresser à long terme. Et l’anglais ça s’apprend! Je m’y suis donc lancée. C’est au cours de ma troisième année que j’ai constaté que l’intérêt que j’avais pour les plantes n’était pas partagé par tous. Dans mon cours de botanique- où j’étais la seule pour qui il ne s’agissait pas d’un cours obligatoire- je ne cessais de poser des questions sur les fonctions des plantes; je voulais savoir si on pouvait les manger, les utiliser. Ce n’était pas vraiment le sujet du cours, plus axé sur l’identification et la nomenclature, mais j’ai quand même reçu quelques réponses. Quand j’ai fini mon bac, je ne savais toujours pas pourquoi je l’avais terminé. Je ne me voyais pas travailler à faire des recherches en environnement, ce qui implique généralement plus d’ordinateur que de terrain, et l’activisme environnemental est aussi loin de ma personnalité que faire se peut.

Je suis donc partie en voyage, seule, en Asie. Et là encore, je regardais les milliers de plantes inconnues qui m’entouraient avec admiration. Je buvais des infusions de gingembre contre la fièvre ou le mal des transports et je cherchais toujours à en apprendre plus sur les plantes et leurs utilisations. Je rencontrais des sociétés qui avaient gardé un contact étroit avec le monde végétal et j’en apprenais un peu plus au hasard de mes rencontres. Puis dans un long trajet d’autobus qui m’emmenait dans une région perdue du Laos, après une discussion dans laquelle j’essayais de décrire mes aspirations à d’autres voyageurs, j’ai enfin compris que je voulais être herboriste. Je ne suis pas certaine que j’avais le titre exact à ce moment là, mais je voulais soigner avec les plantes. Avec nos plantes. Celles qui nous entourent, qui nous sont familières.

À mon retour, j’ai découvert Maurice Mésségué, un herboriste français qui a écrit des livres si réels qu’on entend son accent jusque dans ses écrits. Je me suis mise à lire sur le sujet, mais sans réellement entreprendre de démarche afin de devenir herboriste, jusqu’au soir où j’ai confié mon ambition à ma famille. La réponse n’a pas été très enthousiaste, c’est le moins qu’on puisse dire, et par réaction, je me suis mise à chercher. J’ai choisi de partir au Royaume-Uni parce qu’on y donnait des formations universitaires approuvées par une organisation d’herboristes reconnue et que j’y apprendrais des sujets qu’on enseigne ici aux médecins. J’avais enfin trouvé comment éviter l’odeur des hôpitaux.

L’école que j’ai choisie se trouvait en Écosse. J’avais approuvé le papier recyclé du pamphlet qui m’avait été envoyé, ainsi que l’absence de cravate, les cheveux longs et les barbes sur les photos des professeurs. Je ne savais rien de Glasgow, où j’allais passer les quatre prochaines années de ma vie, et fort heureusement sinon j’aurais hésité bien plus longtemps! Après mon passage à McGill, je me savais assez à l’aise en anglais pour faire face à n’importe quel accent. Je n’avais pas encore entendu celui des Highlands, ni de Manchester, mais au final, j’ai survécu.écosse

Dans mes premières années en Écosse, malgré la température exécrable, les appartements impossibles à chauffer et tellement humides que la moisissure s’installait sur les murs, je me savais enfin finalement à ma place, en train d’apprendre ce qui me passionnait, avec des gens qui me ressemblaient. Puis les durs hivers sombres et humides ont pris leur dû et lors de ma dernière année, je n’avais plus qu’une envie : rentrer au pays, y planter mes racines.

J’ai eu l’impression de renaître lors de mon premier été au Québec : je travaillais sur une ferme biologique d’herboristerie, la Maria, les mains dans la terre. Je sentais le soleil et la chaleur sur ma peau comme jamais lors d’un été à Glasgow. Je reconnaissais les plantes de mon enfance, l’épervière, l’épilobe et le sapin baumier. J’étais enfin chez moi.

L’été suivant, j’ai appris une autre façon de travailler avec les plantes avec une herboriste américaine, Pam Montgomery. Cette formation m’a apporté beaucoup et m’a enfin permis de me sentir à l’aise de pratiquer comme herboriste thérapeute. Jusqu’à aujourd’hui, je continue à apprendre en tant qu’herboriste de chaque personne qui vient me voir. Je développe ma propre façon de faire, celle qui convient le mieux à moi et à ma clientèle. Parce qu’il n’y a pas une seule façon de pratiquer l’herboristerie. Il y en a autant qu’il y a d’herboristes.

Finalement, je me suis installée à St-Jean-de-Matha et j’y ai laissé pousser mes racines. J’entends bien demeurer ici longtemps et aider les gens à cheminer vers leur santé.